bilan de l’été

Pour remettre un peu de ciment entre les moments racontés dans des articles à part entière, voici un résumé rapide de cet été… Le mois de juillet est déjà ici (et ).

juillet stop

Les routes de juillet

Au mois d’aout, on a fait en voiture Lyon-Champagne à deux avec une moyenne assez honorable en terme de ramassage d’autostoppeurs (cinq, en deux fois, dans une 4 places / 2 portières). Quelque part après entre Langres et Troyes on a découvert dans la voiture une compil de morceaux classiques de base et ce fut comme une apparition. Chaque piste a fini par narrer un chapitre de l’histoire de la Dauphine qui, convoitée par le Régent, s’enfuit du bal de ses seize ans éperdue dans la campagne enténébrée, dentelle en haillons et froufrous humides, le sein nu et les mèches éparpillées. Heureusement le cocher sait la consoler et on le découvre même fort bien fait de sa personne… mais le Régent n’a pas dit son dernier mot. Bref, grosse dédicace à Wolfgang qui a donné le fil rouge du weekend.

Cela entendu, ce fut nuit de bombance au long des trèsonctueuses vapeurs de barbecul et de merguèses grillées afin de célébrer avec le faste attendu l’anniversaire de la Reine de Calédonie. La papille a joui fort aimablement et point ne serait odieux d’affirmer que l’accueil en ces bonnes terres champenoises fut des plus adéquats en notre qualité de noblesse de Versailles. Le dernier soir, à minuit passé (autant dire que je n’y croyais plus) après une dernière partie de tarot, j’ai eu une réponse positive à une proposition de bénévolat… et le lendemain matin j’étais en route pour la Slovénie (petit souvenir du côté de Langres avec Sean Paul sous la grêle).

Deux semaines en Istrie passées, côté travail (voir Hrvoji #1), à assister la destruction du toit, nettoyer des tuiles, faire toutes sortes de choses en rapport avec les toilettes sèches et le compost, récolter les patates du voisin ; côté temps libre (voir Hrvoji #2, Hrvoji #3 et Hrvoji #4), à explorer des fonds de vallées et se baigner dans des cascades ignorées de tous, à cueillir pour notre bon ventre toutes les figues du littoral adriatique, à aller en Croatie profiter de sites d’escalade… et surtout apprécier à sa juste valeur la paix qui régnait dans ce village perdu dans les collines, une paix probablement due à l’état d’esprit de ce groupe de gens qui s’investissait dans la rénovation d’une partie du village. On évoluait dans un climat de sincérité que je n’ai jamais connu ailleurs. Ca m’a un peu aidé à comprendre le sens originel d’expressions devenus des clichés, « bonnes ondes » et « paix intérieure ». Qu’est-ce qu’on respirait bien. Je sais pas quand je pourrai y retourner mais un jour où je ressentirai le besoin de me recentrer un peu, surement.

Après deux semaines de repos de l’âme (non mais allons-y, j’ai parlé en langue de Versailles y a dix lignes alors no limit) en Slovénie (si vous voulez situer, le village googlemapable le plus proche de celui où j’étais c’est Topolovec. C’est aussi situé sur la carte du lien qui suit), j’ai pris la direction de l’Alsace en vue d’un autre gros anniversaire, prévu de longue date. Un architecte suisse m’a pris en stop de Ljubljana à Baden, en m’invitant à dormir chez lui à Zurich, c’était vraiment un super trajet et j’ai pu voir quelques sommets des Dolomites (voir En stop #2). J’ai réussi à me faire contrôler par des douaniers allemands alors que j’ai passé en Allemagne 2% du trajet. C’était moins glauque qu’à ma première expérience (à Magdebourg en 2011 sur une aire de repos de poids-lourds, où pour le coup c’était digne des plus orageux feuilletons policiers alte Schule. Mais c’est une autre histoire) mais le policier allemand a quand même une façon de procéder qui te fait penser dès le premier instant « Et si ce mec était le dernier maillon d’un complot visant à m’enfermer dans un bunker de l’ex-RDA pour le restant de mes jours ? » et au bout de cinq minutes tu en es à « Dire que je n’aurai même pas le droit d’appeler mes parents pour qu’ils sachent que je suis séquestré par la STASI« .

Mais j’ai fini par arriver en Alsace (le mec très intelligent qui s’est dit qu’il allait faire Troyes-Mulhouse via Ljubljana), oui oui, après ce malheureux épisode douanier j’ai traversé le Rhin à pied sans demander mon reste et après deux voitures je suis arrivé dans le charmant village de Kirchberg. Dieu dit : « Je vais créer un temps pour les plaisirs simples, afin que les hommes puissent gouter à l’allégresse en tout moment ». Il y eut du marcassin, il y eut de la grosse pop. Et Dieu vit que cela était bon.

aout stop

Au mois d’aout, oui, il y a eu du move, oui

Ensuite j’ai refestoyé sur Nevers quelques jours, sur le chemin j’ai fait une visite éclair d’Autun qui est une ville à voir, sérieux. A Nevers j’ai gagné quelques médailles (en concours de ninja et de gobage de flamby) et j’ai remué du risotto (je vous les fais courtes hein, c’est un bilan de l’été, pas un journal intime). Les tout derniers jours d’aout j’ai pris la direction du Portugal (en stop toujours). Nevers > Clermont > Bordeaux > 10km après Valladolid, dans la campagne avec le ronronnement de l’autoroute, dans ma tente, voilà où s’est fini mon mois d’aout, après coup sur coup deux chauffeurs polonais sympathiques (les points forts de l’autoradio : The Prodigy (Smack my bitch up), Reklama et Joe Dassin, d’ailleurs petite dédicace à Jules).

Pour résumer aout financièrement, j’ai pas gagné d’argent, en revanche j’ai partagé quelques heures d’essence en France, acheté un paquet de biscuits sur une aire d’autoroute italienne, des prunes au marché en Slovénie, payé des cafés dans les Dolomites pendant une halte en stop, participé à un cadeau d’anniversaire et payé ma part d’une semaine de courses et de bouteilles. Cumul des dépenses du mois : un nombre à deux chiffres. Et c’était aout, les amis, les anniversaires, je crois que l’automne réserve encore une marge d’économies assez considérable.

En septembre j’ai continué mon chemin jusqu’au Portugal, le stop c’était parfois un peu la misère une fois en Espagne. J’en profite pour remercier les nombreux poteaux et diverses pièces de mobilier de stations-services qui m’ont offert un peu d’ombre pendant les longues heures vaines de stop sous 38 degrés. J’ai bénévolé une semaine dans une grosse ferme bio en Alentejo (Portugal #1), alors que sévissait un méchant virus dans l’enclos des dindes et qu’une foire-festival battait son plein dans la ville d’à côté à Montemor-o-Novo. Le meilleur souvenir, ç’a été quand on a rassemblé le troupeau de moutons en le coursant avec le van. Tout ça en roulant au milieu des collines où une herbe jaune archi-sèche poussait au pied de grands chênes-lièges. Le pire, ç’a été quand il a fallu sortir de la porcherie un cochon mort la veille, est-il utile de préciser que ses petits colocataires avaient eu la prévenance de lui manger une bonne partie de la figure. Ou comment comprendre la portée originelle de l’expression « ça pue la mort ». Heureusement on a quand même eu faim 10min après pour le déjeuner, c’était lasagnes o/

septembre stop

Les routes de septembre

Puis long et fatigant itinéraire de stop du Portugal à Beaune, via Madrid… Resté coincé 24h tellement cette ville est ficelée de périphériques. Si l’enfer de l’autostoppeur c’est d’être contraint de longer une autoroute et de finir par se vautrer avec ses sacs (en ayant des ampoules naissantes), alors à un moment de cette journée ce fut l’enfer hahaha. Par le plus miraculeux des hasards, la journée s’est finie sur un lift où le mec m’a invité chez lui, m’a fait des frites et une lessive et m’a offert une nouvelle paire d’espadrilles. Bienvenue au paradis. J’ai vécu les grandes lignes de La Divine Comédie en une journée, ouais ouais, si si, Madrid feat. Dante, tmtc. Et Madrid-Barcelone a été assez épique au vu des automobilistes rencontrés (je vous raconterai ça de vive voix, en tout cas ils étaient tellement clichés chacun dans leur genre que c’est comme si la Route avait décidé de me tirer le tarot et que chaque voiture qui s’arrêtait symbolisait une carte…).

A Barcelone j’ai bu de la sangria dans une chouette coloc du côté de Vallcarca, le lendemain j’ai tenté de sortir de Barcelone mais j’ai eu le mauvais réflexe de croire Google Maps, qui me disait de prendre un pont pour rejoindre la première station-essence hors de la ville, or une fois sur place je me suis avoué qu’à l’évidence, si la rivière existait bel et bien, en revanche il n’y avait pas de pont. Tout ça s’est fini (muchos besos para la marquesa de Vallcarca pour son aide précieuse) dans le van d’un Allemand cinquantenaire bodybuildé qui m’a fait faire Narbonne-Beaune en chantant des chansons allemandes du niveau d’une quelconque Fête du Rognon vosgienne, ce qui était très drôle en fait, d’autant que j’étais soulagé d’arriver en temps et en heure à Beaune pour… (transition…)

les vendanges. Le dos n’est pas content, les cuisses ne sont pas contentes, le foie encaisse, à part ça c’était très bien et à Aloxe-Corton le vin déboite. Ensuite quelques jours sur Paris, histoire de m’occuper de quelques papiers et aussi de lancer enfin ce blog…

été stop

La route estivale


(Après relecture) c’est vraiment moche comme rédaction hahaha.

Vous me mandez novelles ?

Eh bien foit, doulces gens,

Mais oyez fimplement :

J’écris de ma poubesle.

(Troubadour inconnu, duché de Bourgogne, XIIIe s.)

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