Présentations

Salut à tous,

bienvenue sur ce blog au nom un peu compliqué, qui parle parfois de régions bizarres.

Depuis quelques années, je me promène dans l’atlas. Ça relève de la fascination. J’aime passer du temps sur chaque planche et sonder le fond des presqu’iles, suivre le contour bizarre d’un fleuve, d’une frontière.
Ensuite j’ai découvert que c’est un mode de vie qui me convenait.
Ça me dynamite d’enthousiasme le matin, ça me rend souvent triste le soir – parce que les soirs sont à la solitude. C’est une maigre concession, que je fais avec beaucoup de plaisir.

J’ai rarement des jours très confortables en voyageant (je ressens rarement la nécessité de dépenser de l’argent). Mais j’ai pris l’habitude d’être sur les routes, de dormir dehors, d’avoir froid à l’aube. Et l’habitude est l’une des choses qui me procurent le plus de confort.

Je suis souvent aux prises avec la générosité des gens, leur incompréhension, leur amusement, et aux prises avec moi-même, si bien que, dans mon cas, voyager relève d’abord d’un genre d’introspection. Je discute beaucoup avec moi-même, à voix haute si la route est déserte, je ris souvent d’ailleurs, je me fais des blagues. Et derrière ça je réfléchis à pourquoi je ris, blague, aime et m’attriste. Mes jours de voyage ne sont pas forcément plus riches que mes autres, mais ils ont une manière bien à eux de me guider, de m’amener à distinguer leur richesse ordinaire.

Pourquoi ce nom ?

Enig Marcheur (Riddley Walker en version originale) est un livre de Russell Hoban écrit à la fin des années 70 et traduit récemment en français. C’est grâce à des copains libraires que j’ai fait attention à ce bouquin bizarre à triple jaquette, que nous vendions dans un coin du rayon SF. Je me souviens l’avoir ouvert dans le métro entre République et Châtelet et ma tête suffoquait de plaisir en lisant les premières pages. Cette lecture est une expérience probablement unique. A Arts et Métiers, trois lycéennes ivres s’étaient installées près de moi, l’une a fini par me proposer de sa bouteille de rosé pendant qu’une autre lorgnait sur ma page. Je me suis dit qu’elle allait mettre la désintégration de l’orthographe sur le compte de l’alcool. Je n’ai pas su s’il fallait en être triste ou heureux.

Riddley Walker

Bref, Enig Marcheur c’est un livre dont le style m’a bien remué, tant et si bien que le personnage aussi. Et de temps en temps je l’ouvre et c’est toujours (voire de plus en plus) ouf. Et rue de Panama, quand en mai 2014 je réfléchissais vaguement à un titre pour ce blog qui n’existait pas encore, celui-ci m’est venu.

Jai fait entrer Lecouteur et l’ai couvert avec son sac à pionce en suite je l’ai peu lotoné au mi lieu de tous les chiens mouillés. Au chauff et tout confor en plus la schlingue c’été quelq chose qui pouvé te des foncé même pas bsoin de fhumer. Au bout d’un tant eum suis dit quil y avé peu dêtre aussi une aurt odeur là dedans mais j’ai papu dire ce que cété. J’ai comptine hué à radariser tentif un long long tant en suite eum suis dit que j’allé moi aussi me prendre un peu de somnol.

(trad. de Nicolas Richard, éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2012)

 

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Une réflexion sur « Présentations »

  1. First!
    Parce qu’il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour dépuceler cette barre de commentaire, dont la mine aguicheuse n’avait rien à envier à celle d’un crapaud-buffle dans un enclos de chimpanzés. Bien content d’avoir enfin un support tangible par le biais duquel suivre tes pérégrinations de clochard céleste.
    Très chouette, tout ça.

    A la prochaine,

    Jules

    J'aime

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