#1, Arriver au Caire

Où l’on parle de souvlakis, de réforme orthographique, de délit de faciès, de figues en barre.
Où l’on parle peu d’Egypte, mais quand même un peu.
Où l’on ne fera pas la blague « Les Cairotes sont cuites ». (Mais où l’on ne s’engage pas à reconduire la censure dans les articles suivants.)
Où l’on réalise surtout, en fin de rédaction, qu’on devrait plutôt intituler cet article « Telling bullshit, #1 », mais qu’on ne le fera pas, dans la mesure où ça induirait un « #2 ». Et ça, non, non, nous ne le souffririons. (Poil aux pharaons ! HAHAHA ! Mais c’est énorme ! Je tire mon chapeau à ce petit fifou de l’humour !)
(Alors on fait les malins mais petite minute de cultivation générale : un pharaon ne tire pas son chapeau. Il tire son pschent. (Grand chapeau petit bord) Ou bien il tire son némès (grand chapeau grands bords).

– Oui bonjour, je vous appelle au sujet de l’article « Egypte 1 » publié récemment. Oui voilà je voulais savoir à quel moment cet article arrêterait de se foutre de ma gueule et débuterait pour de bon. Demain en fin de journée ? Très bien faisons comme cela. Très bien oui, à demain dans ce cas. Au revoir.

Le lendemain soir, l’article débute :

Départ de Paris, 3h d’avion puis 23h55 d’escale à Athènes… l’occasion de rendre visite à une vieille amie grecque que j’avais hébergé un petit moment lors de son passage à Paris riche en souvenirs (on avait beaucoup fait la fête, dans l’appart, dans Paris et… sous Paris). Petit bar, petit tour de l’Acropole (Anafiotika en photo, petit quartier d’aspect cycladique sur un flanc de l’Acropole), petits souvlakis… bref, gros kiff !

Anafiotika
Ensuite, Athènes-Le Caire ; l’encas est composé, comme sur le vol précédent, de plein de choses immangeables que je mange de bon coeur (sauf les boulettes de viande, qui je pense provoquent dans la minute des éruptions cutanées aux couleurs de Monsanto) AINSI QUE d’une barre de céréales composée à 85% de figue et qui se révèle succulente. Vu la cordialité des hôtesses, je pense que leur treizième mois a été supprimé au profit de l’acquisition de ces barres à la figue.
(Si quelqu’un veut faire une enquête ou contacter un syndicat d’hôtesses, car à ce stade ça reste de l’ordre de l’intuition, le nom de la compagnie c’est Aegean Airlines.)
(Je me demande à partir de quel degré d’humour on est bon pour un procès pour diffamation.)
Parlons des hôtesses d’ailleurs, qui nous distribuent une fiche de douane en arabe. Hahaha. Petit moment de rigolade que je ne suis pas le seul à vivre, mes voisins de devant sont Chinois et pliés en deux. Finalement une autre hôtesse distribue une seconde salve de fiches, anglophones celles-là. Enfin pas vraiment « anglophones », parce que la fiche que j’ai eu en main « ne me parlait pas anglais », elle était juste rédigée en anglais. Vous vous en doutez. Dieu que notre langue est pauvre.
Ensuite, second moment d’incertitude quand je vois qu’on me demande « mon adresse en Egypte ». Bon, déjà, j’en sais rien. Je crois juste que mon couchsurfeur vient me chercher à l’aéroport, c’est déjà assez ouf. Le douanier sera-t-il réceptif au concept du couchsurfing ? Je ne parierais pas ma vie là-dessus.
Sauf que le douanier, il s’en fout, (<— ceci s’appelle une ellipse. Ca veut dire que je vous fais grâces de la description de mes voisins de rangée ainsi que de l’atterrissage, des tapis roulants, de la queue à la douane…, invoquant la fluidité de la narration (vous l’aurez compris, une narration fluide, c’est mon but essentiel au moment où je rédige cet article hahahaha quelle enflure)) j’ai mis 25 secondes à acheter mon visa et il en met 15 à regarder mon passeport, et tamponner l’autocollant liseré de figures archéologiques de tout poil (poil de sphinx, poil de barbe de Toutankhamon, poil de nez de Néfertiti). Limite il assortit le coup de tampon d’un petit « Cimer et bienvenue en Egypte, gros ! » Après quoi j’attends mon gros sac à dos qui ne tarde pas à apparaitre sur le tapis roulant. Je tiens à préciser avec une colère mal contenue que j’avais été prié avec une fermeté malvenue de l’enregistrer au guichet « bagages hors format » à Roissy et que j’étais resté un peu mi-figue mi-raisin devant ce traitement particulier, ça veut dire quoi hors format hein ? il est anormal ? y a pas de place pour lui dans la société c’est ça, et des milliers de gens me diront « voilà à quoi servent nos impôts : à financer l’érection d’un guichet Bagages-hors-format » ? (parce que ces gens sont bêtes et ne savent pas que c’est ADP qui a assumé le cout de cette brillante idée)
« Et puis ce gros matelas de mousse au-dessus, ça fait mauvais genre. » Et on s’étonne que ce pays tourne mal. Hahahaha.
Bref. Disons simplement qu’après un évident délit de faciès et quelques attouchements imprévus, mon sac avait été enregistré bon gré mal gré sur les vols Paris-Athènes Athènes-Le Caire. Je suis bien content de le revoir, mine de rien mon sac à dos il en a vu de belles, on a beaucoup de beaux souvenirs en commun. Et une ou deux expériences plus borderlines mais qui nous font rire, lui et moi, maintenant qu’on s’en est tiré sans encombres.
Bon. Vous savez quoi ? à la ligne où je vous parle, nous ne sommes toujours pas arrivés au Caire, en tout cas au centre-ville. Oh mais moi j’ai tout mon temps, et ne croyez pas que je vais vous faire un petit encadré en fin d’article « Ce qu’il faut retenir » ou « Les quelques points essentiels d’un article ma foi bien relou ». Et non et non les petits gars, au contraire il va falloir lire entre les lignes, parce que ce que je dis est tellement superficiel qu’il ne vous reste plus qu’à prier Rabelais pour qu’il y ait une quintessence quelconque à extraire de cette substantificque moelle qui pour l’instant se mâchouille mal.
Quitte à ne pas avancer dans cet article, je reviens deux secondes sur ce que j’ai écrit plus haut : « c’est ADP qui a assumé le cout de cette brillante idée ». La réforme orthographique de 1990 recommande en effet de supprimer les circonflexes sur les i et les u. Ainsi : huitre, gout, raffut. On le conserve quand ça permet une distinction entre deux mots (dû à distinguer de du).
Puis Anwar, mon couchsurfeur, me récupère tout sourire et on file en voiture (il m’a donné une bière que je bois en évitant le regard des policiers) en direction de Nasr City (à mi-chemin entre l’aéroport et le centre), pour retrouver des amis à lui.
Il est trois heures du matin, à la terrasse d’un petit café, une odeur de chicha flotte dans l’air. La soirée peut commencer.

*

Et dans le prochain article il y aura + de photos, dont celle de la mosquee Ibn Tulun :

mosque_of_ibn_tulun

Combien de temps vous pensez que je vais mettre entre Ibn Tulun et ma terrasse preferee du centre, quelqu’un sait ? quelqu’un veut gagner une carte postale en me donnant le nombre de minutes exact sur le sujet ? allez, une carte postale en jeu, boum, NO LIMIT le mec.

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