#1, Au-delà du lac Nasser

SANY0831

D’Assouan, où obtenir un visa soudanais est une vraie formalité, l’affaire de vingt-quatre heures, un ferry hebdomadaire parcourt lentement les 400km du lac Nasser pour accoster à Wadi Halfa, petite ville de l’extrême-nord soudanais. Une vingtaine d’heures de ferry que les passagers passent à dormir et à discuter à l’ombre des canots de sauvetage sur le pont supérieur.

bandeau_lac_nasser

Le lac Nasser est né de l’inondation de la Basse-Nubie par les eaux du Nil lors de l’édification du haut barrage (celle qui a nécessité en urgence le déplacement dans les années cinquante de nombreux temples, dont les plus imposants sont ceux d’Abou Simbel). Des dizaines de milliers de Nubiens ont dû quitter leur terre ; beaucoup se sont réfugiés dans la région d’Assouan. Le paysage n’a plus rien de comparable avec l’explosion de palmiers et le tapis de terres cultivables de la vallée du Nil. Sur le lac Nasser, le Nil est bordé de massifs désertiques, d’anciens sommets rocheux désormais léchés par les flots. De vert, nulle part.

Vers la fin du voyage, le ferry vient à longer la rive Ouest pour offrir aux passagers une belle vue des temples d’Abou Simbel, tout dorés de lumière matinale.

abu simbel nasser

(Ca y est cet article entre officiellement au Soudan !)

L’arrivée au port de Wadi Halfa se conclut par une fouille sommaire des bagages (la densité de mon sac à dos est toujours un peu dissuasive et les poches latérales ne sont jamais fouillées. En Egypte comme au Soudan, la fouille tourne court après le palpage curieux de ma tente). Direction la ville, à 5km du complexe portuaire ; après quelques minutes à progresser sous un soleil bien intrusif (il est environ midi. Arriver au Soudan en juillet, sur les coups de midi : bravo Olivier ! belle organisation, emploi du temps très réfléchi, c’est bien), un pickup s’arrête à ma hauteur et me propose de monter. Ma foi, c’est de bon augure.

carte Soudan1Un deuxième lift, cette fois en centre-ville, me dépose à la sortie de la ville, au rondpoint qui dessert le grand axe routier nord-sud : Wadi Halfa – Khartoum. Oui, parce que Halfa n’est pas une destination particulièrement attrayante en termes touristiques. Il y a probablement de belles choses à découvrir dans l’ancienne Halfa, celle que le Nil a noyé il y a cinquante ans. En attendant, un premier pickup débouche du rondpoint et ralentit à la vision de mon petit pouce déjà luisant (je ne vous épargnerai aucun détail ! il faut que vous viviez cette chaleur). Je saute à l’arrière aussi souplement que mes sacs me le permettent et on démarre. Je discute un peu en anglo-arabe avec les deux Soudanais installés à l’arrière, on crie un peu pour se faire entendre en raison du vent mais l’ambiance est sympathique. Quelques informations échangées au fil de la route (très peu fréquentée), adossés à la rambarde sur un tapis élimé : il fait 45°C, et ce sont des chercheurs d’or.

Et la route défile. De vastes plaines montueuses où le sable clair est parfois jonché de débris de roche noire. Mes compagnons de route me montrent sur leur portable des photos de leurs trouvailles dorées, la main devant l’écran pour y voir quelque chose malgré les assauts du soleil.

C’est au milieu de ce paysage qu’ils me déposent, puis leur pickup bifurque sur une piste perpendiculaire en direction de Semna. Un petit campement se tient là et j’en profite pour demander un peu d’eau (décidément, organisation zéro, quel insensé, il finira mort de soif comme un vulgaire chien errant et ce sera bien fait pour son museau !). On remplit affablement ma bouteille, avec d’autant plus d’affabilité qu’eux, ramadan oblige, doivent encore attendre le coucher du soleil pour se réhydrater. Je repars faire du stop et apprécie quelques gorgées d’eau fraiche. L’outre lui a donné un léger arrière-gout de cuir qui n’est pas désagréable.

route soudan 1

Un minibus finit par me prendre en stop, c’est plutôt chouette, suivi d’un camion pour les dernières dizaines de kilomètres qui me séparent encore de ma première étape : Wawa. Le chauffeur, égyptien, est originaire de Rachid, une ville du Delta… sacrée trotte ! (Rachid est une ville bien connue de l’archéologue : en français on la connait sous le nom de… Rosette. #Champollion #BritishMuseum) On parvient à Wawa en fin d’après-midi. De temps à autre, au bord de la route, un campement remplit la fonction d’une aire de repos. On trouve aussi, à intervalles réguliers, des abris en terre crue dissimulant trois ou quatre grandes jarres d’eau fraiche.

abri

Le prochain coup, je vous raconte mon passage à Wawa et au village sur la rive d’en face, Soleb. C’est d’ores et déjà un souvenir plein de lumière.

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2 commentaires

  1. Bon apres un an j’ai finalement decide de lire ton blog. Ca a l’air d’etre genial! Ton voyage est extraordinaire et j’espere que tu me raconteras tout quand tu auras finis. J’ai plein de chose a te raconter meme si ca n’a rien a voir avec ce que tu as accomplis! Bonne Chance avec le reste de ton voyage!!!!

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